dessin : Amandine Urruty

mardi 5 juin 2018

Bus/abattoir

Je grimpe à bord du bus 84. Je demande au chauffeur s’il s’arrête bien à la station Félix Lemoine et le chauffeur me répond que non, il ne va pas dans cette direction. Je le remercie pour cette information tout en commençant à me diriger vers le fond du bus. Mais à peine ai-je fait trois pas que la voix du chauffeur derrière moi se fait entendre :
– Un instant, monsieur ! Vous ne portez pas la tenue réglementaire !
Je grimpe à bord du bus 23. En fait, c’est un abattoir. Odeur épouvantable. Les sièges et les vitres sont éclaboussés de sang.
– Ce n’est pas cohérent.
– Pardon ?
– Non vraiment ça ne tient pas. S’il y a du sang sur les vitres, on doit le voir de l’extérieur. Le narrateur aurait dû s’en apercevoir avant même de monter dans le bus. Donc non, ça ne tient pas.
– Il n’a pas fait attention. Il regardait ailleurs.
– Que regardait-il ?
– Il regardait ses pieds. Artalbur regarde souvent ses pieds.
– Il s’appelle Artalbur ?
– Oui.
– Comme par hasard.
Coiffé d’une charlotte et vêtu d’un tablier blanc, un obèse aux mains velues trucide à la perceuse une vache. Il y a beaucoup de vaches. La plupart sont déjà mortes. Il y a aussi quelques poules. Le chauffeur explique : 

Les vrais passagers sont les vaches mortes.

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