dessin : Amandine Urruty

mercredi 4 avril 2018

Clonck et ses dysfonctionnements

Kotor se rend régulièrement chez le commerçant le plus proche, qui se trouve être un fleuriste, pour y faire empailler les petits animaux qu’il capture dans son jardin. Et alors la suite des événements peut varier : ou bien le fleuriste, ne comprenant pas ce qu’il demande, lui tend un très joli bouquet, ou bien le frappe au visage à l’aide d’un couteau ou d’une paire de ciseaux, ou bien lui désigne calmement la porte, ou bien se transforme en l’un des petits animaux que lui présente Kotor, ou bien se transforme en tout autre chose, ou bien se met à hurler, ou bien le menace d’appeler la police, ou bien le menace d’appeler Logstor, ou bien se contente de ricaner, ou bien se met à parler sans plus pouvoir s’arrêter des fossettes qu’il a sur les mains (Kotor a parfois des fossettes sur les mains – la plupart du temps, non, mais là, par exemple, tel que vous le voyez, oui), ou bien empaille sans faire d’histoire l’animal qui lui est confié, ou bien le met en terre et l’arrose, ou bien tente désespérément de l’introduire dans un vase de toute évidence trop étroit. Mais de toute façon, quelle que soit la réaction du fleuriste, les choses étonnamment se terminent toujours ainsi : Kotor se fâche et détruit tout dans la boutique.

(extrait de Clonck et ses dysfonctionnements, éditions Louise Bottu, 2018)





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