dessin : Amandine Urruty

dimanche 3 septembre 2017

Artalbur (2)

Nous traversons la gigantesque plaine des cactus, Artalbur et moi. Comme Artalbur n’est plus que cendres, c’est moi qui le porte. Comme je n’ai pas d’urne pour contenir les cendres d’Artalbur, j’en laisse tomber à mesure que j’avance, et j’ai conscience qu’une fois à la maison, je ne pourrai reconstituer mon cheval que partiellement, cela suffira peut-être, car c’est un très bon cheval. Je ne sais dans quel sens nous allons, mais je peux dire que les montagnes se trouvent à notre gauche. Soudain, les cactus éclatent un à un. Je prends peur et dis :
– Eh bien, pourquoi ne ferions-nous pas demi-tour, mon bon Artalbur ?
Mais Artalbur, ou plutôt ses cendres, me répond, me répondent :
– Ah ! C’est seulement l’humidité. Continuons, avançons. Pleutre que tu es ! Et puis derrière nous il n’y a rien.

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